Lu Yanpeng observes the world initially through a contemporary photographic lens. He then over-paints his photos of classic Chinese beauty spots, celebrated in countless scroll paintings through the ages, using the traditional pen-and-ink technique of his artist forebears to create mysterious, sometimes bizarre and often humorous images that challenge our vision of the world.

In one remarkable series entitled leg, foot, face, we are invited to conspire with the artist in a world that is at once realistic and poetic, pin-sharp and illusive, and one that challenges our own interpretation of reality.


Lu Yanpeng’s monochromatic work creates a bridge between the art-forms of painting and photography. It offers a parallel with the way in which we live our lives, combines the real with the imaginary, and echoes the distortion of our own perception. There is an almost X-ray quality to his paintings allowing us to see through the misty images so typical of Chinese scenic art, and inviting us to penetrate the surface in order to discover our own personal interpretation of reality.

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Comment nommer ces œuvres ? En regardant ces images, nous entrons dans un monde à la fois poétique et réaliste, précis et trouble, émouvant et humoristique. Où sommes-nous ?
A la marge de la peinture et de la photographie qui deviennent sœurs et complices quand il s’agit d’inventer un nouveau monde, un autre paysage.
Car c’est de cela qu’il s’agit, de paysages et de poésie.

Mais aujourd’hui le mystère du paysage qui est aussi celui de la vie ne peut se dire dans les mêmes termes qu’au temps des Song. Le monde a changé, les artistes aussi. Lu Yanpeng est un homme jeune de son époque qui n’hésite à pas imposer un détail « bizarre » dans ses photographies, et c’est alors le pinceau qui prend le relai. Dans une série intitulée jambe, pied, visage, le corps s’impose sur l’image et joue avec notre regard.
Ainsi l’on devine puis découvre une jambe que l’on pourrait facilement confondre avec un tronc, puis un pied féminin aux ongles peints en noir.

Images quasi radiographiques, passer aux rayons le Shan Shui, la tradition chinoise, les montagnes-eaux, pour les appréhender autrement et s’en servir pour sa propre création …
Le jeune artiste ne règle pas ses comptes avec la tradition, il s’en sert naturellement sans forcer, sans perdre son regard.

Observateur puis transformateur de la réalité, le photographe nous entraine en des lieux troubles et calmes où l’on ne sait plus ce qui relève de l’encre ou de la photo, du rêve ou de la réalité.

Christine Cayol